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Culture numérique

Numérique : 

Définition anthropologique de Milad Doueihi

les pratiques numériques forment notre culture commune

« Définir le numérique comme une culture amène M. Doueihi à parler du code informatique comme d’un être culturel. En effet, ce code véhicule des préjugés et présupposés, concrétise des imaginaires, et produit des espaces habitables et habités. C’est donc une nouvelle politique et une nouvelle poétique qui adviennent dans un contexte numérique. Nouvelle politique parce que de nouvelles formes d’organisation se mettent en place (on pense notamment à l’organisation collaborative dont Wikipédia est l’exemple le plus connu) et nouvelle poétique parce que de nouvelles littératies émergent, en raison d’un nouveau système d’écriture (où le contenu, dissocié de son support, devient le sang de l’être numérique). Ce nouveau contexte donne de nouvelles pratiques qui se distinguent, voire s’opposent radicalement, aux pratiques de la culture lettrée (notamment les problèmes liés à la culture de partage d’internet qui fait fi des droits d’auteurs). Mais il amène aussi un autre enjeu politique et éthique, celui de la forme de l’environnement qui doit donner accès aux données. » 

Source: Anne-Sophie Bellair, résumant l’ouvrage de Milad Doueihi : Qu’est-ce que le numérique ? (PUF, 2013) sur le site Interfaces numériques, le 23 janvier 2018 . Milad Doueihi est l’auteur de La Grande conversion numérique (Seuil, 2010) et Pour un humanisme numérique (Publie.net, 2012).

Définition techniciste du Cadre de de référence de la compétence numérique

« Ensemble des techniques et des technologies de production, de stockage, de traitement, de diffusion et d’échange de l’information et des applications de l’information, y compris les systèmes d’intelligence artificielle. Il fait référence, indistinctement, aux technologies de l’information et de la communication, aux technologies numériques, aux infrastructures numériques ainsi qu’aux données qu’elles produisent et recueillent. »

Source : http://www.education.gouv.qc.c...

Écologie de l’attention :

« Pour Yves Citton, l’attention est d’abord à considérer dans sa dimension collective, au sens où elle n’est pas séparable du contexte médiatique et politique dans lequel nous nous inscrivons et auquel nous participons pleinement. À nous de reprendre les commandes en questionnant nos moments d’attention ou d’inattention. C’est le sens de sa démarche écologique qui s’appuie sur un retour sur soi et vers autrui. » Sophie Viguier-Vinson, «Pour une écologie de l’attention / Attention et vigilence», in Sciences humaines, Déc. 2014 https://www.scienceshumaines.com/pour-une-ecologie-de-l-attention-attention-et-vigilance_fr_33541.html Pour une description de cet ouvrage collectif voir la section Livres du site de l’auteur : http://www.yvescitton.net/publ...

Éditorialisation :

« L'éditorialisation désigne l'ensemble des dynamiques qui produisent et structurent l'espace numérique. Ces dynamiques sont les interactions des actions individuelles et collectives avec un environnement numérique particulier. » Marcello Vitali-Rosati, « Qu’est-ce que l’éditorialisation ? », Sens public, https://www.sens-public.org/article1184.html Elle est multiple, collective, elle a trait à l’autorité, elle est déterminée par le caractère processuel de la formation de la confiance en contexte numérique, le tout se constitue dans le contexte d’un changement de paradigme du représentationnel vers le performatif et finalement elle a une portée ontologique (et pas seulement d’ordre cognitif ou épistémologique). Se référer au concept d’infosphère développé par Luciano Floridi (voir ci-bas).

Humanisme numérique :

Pierre Mounier explique l’humanisme numérique défini par Milad Doueihi ancien professeur d’histoire des religions à l’Université Laval, devenu titulaire de la Chaire de recherche sur l’humanisme numérique de la Sorbonne dans Les Humanités numériques : une histoire critique (MSH, 2019)

« On comprend donc que pour Vico, et partant pour Doueihi, la philologie ne désigne pas une discipline définie par un objet d’étude, l’histoire des textes, mais plutôt une méthode, qui consiste à établir les faits et à en chercher les causes pour l’ensemble des activités humaines. Pour Doueihi plus particulièrement, qui parle d’"impératif philologique" adapté à l’ère numérique, il s’agit de construire une méthode adaptée à la singularité de l’objet, attentive à la logique interne de ce qu’on étudie, plutôt que de le subsumer sous des catégories déduites a priori du raisonnement logique. » (chap. 3, section 5. En accès ouvert : https://books.openedition.org/editionsmsh/12039#tocto1n5 (par. 34).

Infosphère :

Dans l'espace numérique, le réel s'apparente davantage à une hybridation d'objets connectés et non connectés. En ce sens, le réel relève de ce que Luciano Floridi appelle l'« infosphère » :

« Pour dire le moins, l’infosphère réfère à l’ensemble de l’environnement informationnel, constitué par toutes les entités informationnelles, leurs propriétés, leurs interactions, leurs processus, et leurs relations mutuelles. C’est un environnement comparable au cyberespace, mais différent, car celui-ci n’est qu’une de ses sous-régions, puisque l’infosphère inclut également les espaces d’information hors ligne et analogiques. Pour dire le plus, l’infosphère est un concept qui peut aussi être utilisé comme synonyme de la réalité, à partir du moment où on interprète cette dernière d’un point de vue informationnel. En ce sens, la proposition est que ce qui est réel est informationnel et que ce qui est informationnel est réel. »

Source: Luciano Floridi cité par Marcello Vitali-Rosati dans l’article « Qu’est-ce que l’éditorialisation? Op. cit. (ma traduction). Le passage renvoie à The 4th Revolution : how the infosphere is reshaping human reality, Oxford University Press, 1ère édition, 2014, p. 41.

Littératie numérique :

Définition donnée par la Stratégie numérique du Québec :

« Ensemble des connaissances et compétences permettant à une personne d’utiliser, de comprendre, d’évaluer, de s’engager et de créer dans un contexte numérique et, d’une façon plus générale, celles lui permettant de participer à la société1. » Cette définition fait écho à celle qui est fournie par Habilo-médias.

Définition de HabiloMédias

« La littératie numérique est plus qu’un savoir-faire technologique : elle inclut une grande variété de pratiques éthiques, sociales et réflectives qui sont intégrées dans le travail, l’apprentissage, les loisirs et la vie quotidienne.

Au sein de la International Society for Technology in Education (ISTE), la littératie numérique repose essentiellement sur un ensemble de six normes, soit : la créativité et l’innovation; la communication et la collaboration; l’aisance en recherche et information; la pensée critique, la résolution de problèmes et la prise de décision; la citoyenneté numérique; les concepts et les opérations technologiques. » 

Source: http://habilomedias.ca/littéra...

Définition pédago-fonctionnaliste d’Eshet-Alkalai

« La littératie numérique fait appel à davantage que la simple aptitude à utiliser des logiciels ou opérer un appareil électronique. Elle inclut une large variété de compétences cognitives, motrices, sociales et émotionnelles complexes, dont les usagers ont besoin pour fonctionner de manière efficace dans les environnements numériques. Les tâches requises en un tel contexte incluent, par exemple : lire des instructions de présentation graphique dans les interfaces utilisateurs, utiliser les reproductions numériques pour créer de nouveaux documents significatifs à partir de ceux qui existent, générer des connaissances à partir d’une navigation hypertextuelle non-linéaire, évaluer la validité et la qualité de l’information, et avoir une compréhension mûre et réaliste des « règles » qui gouvernent le cyberespace. Ce nouveau concept émergeant de littératie numérique peut être considéré comme une mesure de la qualité des apprenants. »

1Ministère de l’économie, de la science et de l’innovation Stratégie numérique du Québec, document complet, 2017, Annexe 1: Glossaire, «Littératie numérique » https://www.economie.gouv.qc.c...


Culture médiatique

Biais de confirmation :

« Le biais de confirmation, également dénommé biais de confirmation d'hypothèse, désigne le biais cognitif qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues ou ses hypothèses et/ou à accorder moins de poids aux hypothèses et informations jouant en défaveur de ses conceptions. Ce biais se manifeste chez un individu lorsqu'il rassemble des éléments ou se rappelle des informations mémorisées, de manière sélective, les interprétant d'une manière biaisée. » https://fr.wikipedia.org/wiki/...

Crise des médias :

Le Québec n’est pas le seul endroit où on connaît une crise des médias. Et les médias n’en sont pas à leur première crise. La France est particulièrement touchée par ce phénomène qui s’expliquerait par un sous-financement public dans ce domaine, remontant à la Libération, selon cet article Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_la_presse_quotidienne_française. Mais il faut nuancer le diagnostic. Tous les médias ne sont pas touchés au même degré. La publicité déserte moins rapidement la radio et la télévision que les médias écrits. Et les périodiques spécialisés se portent bien.

« La formule d’une "crise de la presse" est impropre car elle accroît l’image grossière selon laquelle la presse imprimée dans son ensemble subirait une crise. Or, en affinant le grain, la réalité apparaît nuancée tant les situations et les dynamiques des catégories, familles et segments de presse sont différenciées. Le diagnostic d’une "crise de la presse" s’applique à la seule situation de la presse quotidienne nationale (PQN) »
Désinformation :

Définition politique de Dominique Volkoff

« La désinformation est une manipulation de l'opinion publique, à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés ». Petite histoire de la désinformation, 1997

Définition engagée du site La Toupie

« ;La désinformation est l'action de désinformer. C'est un processus de communication qui consiste à utiliser les médias pour transmettre des informations partiellement erronées dans le but de tromper ou d'influencer l'opinion publique et de l'amener à agir dans une certaine direction. »

« La désinformation peut s'appuyer sur tous les types de médias : radio, télévision, journaux, cinéma, Internet, etc. Internet, qui est souvent présenté comme un média alternatif, susceptible de contrer la désinformation, peut aussi être un vecteur de propagande, de rumeurs ou de fausses nouvelles. »

« Dans le cas de la propagande mise en oeuvre par un État, un lobby, une multinationale ou un groupe financier, la désinformation est consciente et "planifiée", mais s'exerce avec plus ou moins de complicité de la part des médias selon le niveau de démocratie ou leur degré d'indépendance. »

« Exemples de méthodes de désinformation :

  • dénaturer l'information initiale ou la présenter en ne disant qu'une partie de la vérité, celle qui va dans le sens qu'on veut défendre ou qui provoque le plus d'émotion;
  • donner à certaines informations une importance et un poids bien plus important que leur poids réel (désinformation par exagération ou "sur-médiatisation");
  • opérer des regroupements intempestifs ou illogiques, etc.;
  • utiliser de faux documents,
  • etc

Les médias peuvent contribuer plus ou moins volontairement à la désinformation :

  • autocensure,
  • course à l'audimat,
  • sources non vérifiées,
  • informations non établies sur des faits. »

Synonymes : information trompeuse, erronée ou fausse, infox, intox, manipulation, propagande, fabrication de consentement. » On pourrait évidemment ajouter : « fausses nouvelles » et Fake News.

http://www.toupie.org/Dictionnaire/Desinformation.htm

Écologie des médias :

En relation avec les pensées de Marshall McLuhan et Harold Innis

« En raison des publications d’Innis et McLuhan dans les années ‘50 et ‘60, il n’est plus possible de considérer les médias comme des instruments neutres, convenant à tous les usages et dans toutes les circonstances. Même sans partager la prémisse du déterminisme technologique, nous ne pouvons pas concevoir les médias comme de simples moyens en vue d’autre chose. Les travaux d’Innis et McLuhan ont définitivement établi que chaque medium présente une configuration spécifique d’opportunités et de contraintes que toute théorie des communications devrait prendre en compte. » Gaëtan Tremblay, « From Marshall McLuhan to Harold Innis, or From the Global Village to the World Empire », in Canadian Journal of Communication, Vol. 37, no. 4, 2012, pp. 571-572. https://www.cjc-online.ca/index.php/journal/article/view/2662/2341

Éducation aux médias :

Définition de la Chaire de recherche du Canada sur l’Éducation aux médias et droits humains

« Ensemble des processus pédagogiques et des enseignements mobilisés afin de développer des compétences et des savoirs spécifiques sur les médias, en lien avec des problématiques et des objectifs sociaux, politiques ou culturels. »

Les objectifs identifiés par la Chaire de recherche du Canada en Éducation aux médias et droits humains pour l’Éducation aux médias sont :

  • L’exercice éclairé et responsable de la citoyenneté
  • Le développement et l’accomplissement personnel
  • L’intégration sociale et économique
  • La lutte aux inégalités et aux injustices
  • La participation à la vie culturelle et artistique

Définition matricielle documentaire de Fastrez

Les compétences constitutives de la littératie médiatique (objectif de l’éducation aux médias) sont définies par le croisement de 4 tâches et de 3 dimensions des médias. Ces tâches sont l’écriture, la lecture, l’organisation, et la navigation, et voici ces 3 dimensions : informationnelle, technique et sociale. Ces tâches sont issues de la considération des actions de production et de réception associées soit aux documents ou aux collection. Produire une collection c’est l’organiser. Produire un document c’est l’écrire. Évidemment, ces aspects productifs sont facilités par le contexte numérique. La réception d’un document c’est la lecture et celle d’une collection c’est la navigation. Dans le cas de la télévision, lire une émission c’est l’écouter. Pour ce qui est de naviguer, c’est consulter la grille horaire des différents postes et se confectionner un programme de visionnement pour la semaine ou planifier des enregistrements.

Définition pragmatico-conceptuelle d’HabiloMédias :

« L’éducation aux médias est le processus qui permet à des individus d’acquérir une vision critique des médias et de comprendre la nature, les techniques de production et l’influence de leurs produits et messages. »

« Le défi aujourd’hui est d’identifier et d’évaluer l’information répondant à un besoin spécifique et de la synthétiser en connaissance ou en communication utile. L’éducation aux médias - ses techniques de pensée critique, de communication créative et de compétences informatiques et audiovisuelles - est un élément clé de l’approche éducative au XXIe siècle. »

Source: http://habilomedias.ca/littéra...

Définition finaliste du CSEM

« L’éducation aux médias a pour finalité de rendre chaque citoyen actif, autonome et critique envers tout document ou dispositif médiatique dont il est destinataire ou usager.

Elle veut ainsi qu’il puisse s’approprier les langages médiatiques et se former aux outils d’interprétation, d’expression et de communication par les médias. En ce sens, elle prépare les individus à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures. » Je reformule la suite : « Elle contribue ainsi à ce que tous aient des chances égales d’émancipation sociale. »

L’éducation aux médias concerne tous les médias imprimés, audiovisuels ou électroniques, quels que soient leurs supports technologiques. Elle ne se limite à aucun genre médiatique et couvre par conséquent tout l’éventail des communications, publiques ou restreintes, informatives, persuasives, divertissantes, ludiques ou conviviales (Elle porte tant sur la presse écrite, la radio, le cinéma, la télévision que sur les autres formes d’expression multimédia [et sur les médias en réseaux(elle rejoint alors la littératie numérique)]). »

L’Éducation aux médias, texte de positionnement, Conseil supérieur de l’Éducation aux médias (CSEM), Fédération de Wallonie-Bruxelles (Belgique) http://www.csem.be/csem/textes_positionnement/educationauxmedias

Littératie médiatique :

Définition de HabiloMédias

« La littératie numérique et la littératie médiatique sont des concepts passablement récents; c’est sans doute pour cette raison qu’experts et universitaires du monde entier discutent ferme quand vient le temps de les définir. Dans l’ensemble, on s’entend pour dire que le habiletés et compétences de ces deux disciplines, littératie numérique et littératie médiatique, sont étroitement liées et figurent sur la liste des compétences essentielles, en ce 21e siècle, pour toute personne qui vit et travaille dans notre monde centré sur les médias et l’information.

À cet égard, il faut noter que les concepts clés de la littératie médiatique – les médias sont des constructions; le public décode ou interprète le sens d’un message; les médias répondent à des impératifs commerciaux; les médias ont des implications sociales et politiques; chaque média possède une forme esthétique distincte – s’appliquent également à tout citoyen qui écoute le journal télévisé ou qui cherche sur le Net une information sur la santé.

Bien que littératies numérique et médiatique reposent toutes deux sur l’exercice d’une pensée critique, le fait que la plupart des médias numériques sont en réseau et interactifs soulève d’autres enjeux et exige des habitudes et compétences supplémentaires : la littératie médiatique vise principalement à enseigner aux jeunes à devenir des consommateurs de médias capables de jeter un regard critique sur le produit utilisé alors que la littératie numérique vise surtout à outiller les jeunes pour qu’ils puissent participer aux médias numériques de manière avisée, sécuritaire et éthique. » 

Les concepts clés de la littératie médiatique selon Habilo Médias sont :

  1. Les médias sont des constructions ;
  2. Le public décode ou interprète le sens du message ;
  3. Les médias répondent à des impératifs commerciaux ;
  4. Les médias ont des implications sociales et politiques ;
  5. Chaque média possède une forme esthétique qui lui est propre.

Source: http://habilomedias.ca/littératie-numérique-et-éducation-aux-médias/informations-générales/principes-fondamentaux-de-la-littératie-numérique-et-de-léducation-aux-médias/les-points-de-jonction-entre-littératie-numérique-et 

Définition par les compétences informationnelles d’après David Badwen

De manière générale, les compétences requises pour la littératie informationnelle sont les suivantes :

  • Être capable de se connecter au monde de l'information ;
  • Évaluer, interpréter, manipuler et organiser l’information sous ses différentes formes ;
  • Être critique par rapport à l'information ;
  • Évaluer la source de l’information.

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/...

Nouveaux médias :

Cela dépend du point de vue historique d'où on se place. La télévision était un nouveau média à son arrivée. Les nouveaux médias numériques sont parfois appelés les «nouveaux nouveaux médias». Ceux-ci reposent sur un réseau planétaire d'ordinateur interconnectés, et sur la discrétisation de l'information. Ils sont définis par opposition aux médias analogiques. Mais les nouveaux médias analogiques étaient aussi électroniques bien qu'ils n'utilisaient pas autant l'informatique.


ENJEUX

Appropriation :

Le mot appropriation tend à être compris en deux sens négatifs mais nous voulons l’utiliser ici en un sens positif. Le sens dans lequel nous voulons utiliser appropriation ici renvoie davantage à sa dimension positive qui est liée à l’apprentissage de nouvelles compétences. Lorsqu’on développe de nouveaux savoir-faire, il est essentiel de pouvoir les mettre en œuvre afin de s’assurer qu’on les a bien acquis. C’est la dernière étape d’une situation d’apprentissage bien construite. Pour pousser plus loin la formation on apprend à utiliser la compétence en question dans un contexte différent pour s’assurer que les connaissances pratiques ainsi développées sont bien intégrées. C’est le transfert ou l’objectivation. Pour le contexte de l’éducation aux médias, il peut s’agir d’appliquer les principes de la réflexion critique à la sélection des sources d’information fiables pour effectuer une recherche sur un sujet en allant chercher à plusieurs endroits sur le web et en bibliothèque. On peut aussi parler plus largement d’appropriation des médias liée au fait de les fréquenter et de les utiliser. On apprend ainsi les codes de l’écriture web en lisant des billets de bloque et cela contribue à nous rendre capables de rédiger à notre tour des billets. Bien entendu, il faut dépasser l’imitation lorsqu’on s’inspire des travaux d’autrui, sinon ce ne serait plus de l’appropriation mais bien du plagiat. Les sens négatifs sont (1) le fait de s’emparer d’une image ou d’un symbole appartenant à une autre culture pour construire une œuvre qui paraît bien ou qui interpellera un public plus large ou qui s’intéresse à ces cultures, alors que ce devrait être à ces cultures de mobiliser ces signes de son identité dans ses propres créations culturelles (2) le fait pour une grande compagnie de payer pour s’acheter les biens matériels (les terrains, les équipements, les inventaires) d’organisations ou d’individus qui n’ont plus les moyens de les entretenir ou de les utiliser, et de les intégrer dans ses propres actifs ce qui lui confère un pouvoir supplémentaire alors que les individus ainsi dépossédés se retrouvent dépouillés de leur moyens de subsistance ou du fruit du travail d’une vie (la compagnie ayant souvent payé moins que la valeur de ces terres, équipements ou produits). 

« L'appropriation du savoir professionnel est le fruit d'un processus relativement long qui construit ses assises durant le programme de formation en milieu scolaire et poursuit la solidification de sa structure au cours de l'expérience en milieu de travail. » 

Source: Marcelle Hardy et Andrée Landreville, « Pour une analyse des processus d’appropriation du savoir professionnel », in Revue des sciences de l’éducation, https://www.erudit.org/fr/revu...

Découvrabilité :

« Capacité, pour un contenu culturel, à se laisser découvrir aisément par le consommateur qui le cherche et à se faire proposer au consommateur qui n’en connaissait pas l’existence. »
Source: État des lieux sur les métadonnées relatives aux contenus culturels, Observatoire de la culture et des communications du Québec, note 1, sommaire, p. 9. Voir aussi p. 75, Glossaire.

Personnalisation :

Définition à venir.


FORMATION

Codéveloppement :

Technique de formation en groupe impliquant la formulation d’une demande de soutien de la part d’un des participants à un atelier de codéveloppement, d’une durée d’environ une heure. Le processus se déroule en 6 étapes et est supervisé par une personne qualifiée pour jouer le rôle d’animatrice/teur. La troisième étape consiste en la confirmation de la formulation de la demande sur laquelle portera la séance de codéveloppement. C’est ce qui constitue le contrat de codéveloppement. Cette confirmation du besoin exprimé par le participant demandeur suit une période de clarification qui permet aux autres participants de poser leurs questions et au demandeur de préciser l’objet de sa requête. Les phases suivantes consiste en une période d’échanges entre les autres participants où le demandeur est en posture d’écoute. Puis le demandeur exprime ce avec quoi il repart suite aux échanges. Et l’atelier se conclut par un retour d’expérience de la part des autres participants.

Éducation populaire :

Définition québécoise

Au Québec, on définit l'éducation populaire comme « Domaine de l'éducation des adultes qui vise à répondre aux besoins des personnes désireuses d'assumer leur rôle de citoyen, de consommateur ou de parent; elle permet à des personnes et à des groupes de s'outiller par rapport à des situations de leur vie courante et elle les aide à se prendre en charge. »

Source: http://cdeacf.ca/dossier/education-populaire-autonome

Éducation populaire autonome :

« L’ensemble des démarches d’apprentissage et de réflexion critique par lesquelles des citoyens et citoyennes mènent collectivement des actions qui amènent une prise de conscience individuelle et collective au sujet de leurs conditions de vie ou de travail, et qui vise à court, moyen ou long terme, une transformation sociale, économique, culturelle et politique de leur milieu. »

Source: http://www.mepacq.qc.ca/education-populaire-et-luttes-sociales/quelques-definitions/

Humanités numériques :

L’expression « humanités numériques » est une manière de désigner une multiplicité de démarches de chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales (SHS) pour mettre à profit le potentiel de l’informatique et du web afin de faire évoluer leurs méthodologies pour qu’ils parviennent à tenir compte des découvertes qui peuvent se faire dans les domaines d’étude voisins. Cela passe souvent par des techniques de visualisation des données faisant appel à des graphes de connaissance pour arriver à identifier des grappes de nœuds plus denses et d’autres secteurs du réseau où les acteurs sont plus dispersés, ce qui peut aider à identifier des lacunes dans l’état des connaissance et ouvrir de nouvelles pistes de recherche pour tenter ce combler ces tâches aveugles de la science. Humanities est le terme anglais pour désigner les sciences humaines incluant non seulement la sociologie et l’économie, mais encore les études littéraires et la philosophie. C’est ainsi que l’on est confronté, lorsqu’on accepte de jouer le jeu du dialogue interdisciplinaire à la nécessité de développer de nouveaux vocabulaires communs car un même terme peut avoir des sens différents selon la discipline. 


TECHNIQUE  

Algorithme :

Un algorithme est une méthode générale pour résoudre un type de problèmes. Il est dit correct lorsque, pour chaque instance du problème, il se termine en produisant la bonne sortie, c'est-à-dire qu'il résout le problème posé.

Les algorithmes sont des objets historiquement dédiés à la résolution de problèmes arithmétiques, comme la multiplication de deux nombres. Ils ont été formalisés bien plus tard avec l'avènement de la logique mathématique et l'émergence des machines qui permettaient de les mettre en œuvre, à savoir les ordinateurs.

Comme nous le disions d’entrée de jeu : « Un algorithme est une suite finie et non ambiguë d’opérations ou d'instructions permettant de résoudre une classe de problèmes ». Or le mot problème peut être entendu dans un sens large, incluant des activités autres que des calculs sur des nombres, comme le fait de trier des objets. La «sortie» de cette série d’opérations n’est donc pas nécessairement une valeur numérique. Il peut s’agir d’une liste de noms d’objets.

Dans la vie quotidienne, on retrouve des algorithmes, comme des procédures pour réaliser des tâches au moyen d’un logiciel, ou les instructions d’une recette à partir d’une liste d’ingrédients et en se servant des divers appareils et accessoires.

Comme l’exprime la section « Critiques » de l’article de Wikipédia qui est consacré à cette notion, « Dans la vie quotidienne, un glissement de sens s'est opéré, ces dernières années, dans la notion d’"algorithme" qui devient à la fois plus réducteur, puisque ce sont pour l'essentiel des algorithmes de gestion du big data, et d'autre part plus universel en ce sens qu'il intervient dans tous les domaines du comportement quotidien. » À ce sujet une note nous renvoie à l’ouvrage de Dominique Cardon, À quoi rêvent les algorithmes, que nous donnons aussi en référence. 

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/...

Big data :

Voir « Données massives »

Données massives :

Ensemble des données produites en temps réel et en continu, structurées ou non, et dont la croissance est exponentielle. Synonyme : Mégadonnées; Traduction : Big data.

Intelligence artificielle :

L’intelligence artificielle est une expression qui désigne des stratégies pour accroître la capacité de connaître des êtres humains en faisant appel à des processus informatiques. En fait, on essaie de mettre en place des systèmes de traitement de données qui pourront les analyser de manière en produire de nouvelles connaissances à partir de celles-ci. Deux approches ont été explorées historiquement. La première consiste à essayer de concevoir des ordinateurs qui fonctionnent comme l’intelligence humaine, en association des concepts par des formes de raisonnement (inférence, déduction, abduction), et la seconde consiste à créer des réseaux neuronaux qui pourront dégager des patterns de la comparaison de quantités très importantes de données. C’est ce qu’on appelle l’apprentissage profond. L’évolution récente de l’intelligence artificielle s’est plutôt orientée dans cette deuxième voie, la première ayant semblé confrontée à une impasse. On mise donc sur la quantité des informations brutes (les données) pour dégager de nouvelles corrélations plutôt que la qualité dans les processus de mise en relation de d’informations déjà caractérisées comme complexes.

Métadonnées :

On parle d'informations à propos des données.  «Plus précisément, c'est un ensemble structuré d'informations décrivant une ressource quelconque, numérique ou non. Une métadonnée peut être externe à la ressource qu’elle décrit (cas d’une microfiche par exemple, d’une notice dans un catalogue) ou interne (balise méta d’une page web, description d’une image web…) notamment dans le cas de données informatiques.» Il existe des schémas pour l'expression structurée de métadonnées. Dans le milieu de l'édition de magazines et autres périodiques en série, par exemple, un des plus utilisés est Dublin Core. Ce schéma est lui-même fondé sur un modèle pour la représentation de ressources. Dublin Core utilise le modèle RDF (Resource description framework), qui permet d'organiser l'information en triades (objet, relation, attribut).

Source: ENSSIB, «Métadonnées», https://www.enssib.fr/le-dicti...

Référez-vous au blogue de Josée Plamondon, Sérendipité, pour réfléchir à certains enjeux particulièrement pertinents en lien avec les métadonnées.


TENDANCES

Concentration de la presse :

« L'émergence des grands groupes pose des défis de taille aux concepteurs des politiques publiques. La pression des entreprises est grande pour que l'on assouplisse les règles relatives à la propriété afin de rendre possible la formation de groupes nationaux importants. Faut-il permettre davantage de “ consolidation ” (selon l’expression pudique qu’utilisent les entreprises pour désigner la concentration) aux entreprises canadiennes et québécoises? Les groupes nationaux puissants, qui tiendront tête aux géants américains, peuvent-ils se construire sans sacrifier la diversité des voix essentielle à la démocratie? Comment distinguer les politiques culturelles des politiques industrielle dans le secteur des médias et de la culture? Quel rôle reste-t-il à l'État dans ce contexte de convergence? »

Voir le terme EDR (Entreprises de distribution et de radiodiffusion) dans la liste des Acronymes.

Marie-Hélène Lavoie, La concentration de la presse à l’ère de la convergence, Centre d’étude sur les médias (CEM), 2001. Notice disponible sur le site de l’Assemblée nationale du Québec (# 777619) https://www.bibliotheque.assna...

Voir dans la médiagraphie, l’étude de Daniel Giroux sur l’État de la concentration de la propriété des médias de langue française au Québec (CEM, 2015).

Convergence des médias :

« La convergence des médias est le fruit de la numérisation, de la concentration des entreprises, qui incite un petit nombre de grandes sociétés à posséder beaucoup plus de médias, et de la déréglementation. Ainsi, de plus en plus de grands médias possèdent plusieurs types de médias (stations de radio et de télévision et journaux) dans un même marché. La déréglementation permet aussi aux sociétés de transmission de contenu comme les câblodistributeurs de posséder leurs propres entreprises de production de contenu (par exemple, chaînes de télévision thématiques). »

Mike Gasher, L’encyclopédie canadienne, sept. 2011 : https://www.thecanadianencyclo...


Valeurs

Accessibilité :

« L’accessibilité du web signifie que les personnes en situation de handicap peuvent l’utiliser. Plus spécifiquement, elle signifie que ces personnes peuvent percevoir, comprendre, naviguer, interagir avec le web, et y contribuer. L’accessibilité du web bénéficie également à d’autres, notamment les personnes âgées ayant des capacités diminuées dues au vieillissement » Source : Définition du W3C citée par Telono.  Pour en savoir plus : https://www.w3.org/WAI/fundamentals/accessibility-intro/fr

Concertation :

Le fait pour plusieurs personnes de discuter ensemble. Lorsque ces individus identifient des objectifs qu’ils poursuivent en commun, que ce soit pour l’intérêt propre ou dans celui d’une organisation qu’ils représentent, ils peuvent s’entendre pour se rencontrer de manière plus régulière afin de développer ensemble des approches misant sur la collaboration pour coordonner leur action, approfondir leur compréhension des enjeux reliés à une situation qu’ils espèrent régler ou à des buts qu’ils voudraient atteindre. Leur complémentarité devrait les aider à avancer plus rapidement sur la voie de l’atteinte de leurs objectifs. C’est très proche de la coopération, et cela rejoint les démarches visant l’élaboration de projets en commun. C’est possible d’intégrer plus de place pour la délibération, car il peut s’agir de défis complexes qui ne pourraient être surmontés par chaque acteur, isolément. C’est donc une approche de la collaboration qui vise idéalement à développer l’intelligence collective.

Intelligence collective :

L’intelligence collective est une expression qui désigne la reconnaissance du fait qu’en permettant à plusieurs voix de s’exprimer sur une question délicate ou complexe on a davantage de chances de voir se dessiner des réponses justes et pertinentes. De nouvelles questions peuvent aussi émerger de ce processus qui permet d’identifier des zones d’ombre, ouvrant sur de nouvelles investigations. C’est une démarche qui s’apparente beaucoup à la réflexion critique, mais qui se fonde en fin de compte beaucoup plus sur la délibération à plusieurs dans un esprit d’ouverture aux opinions différentes et d’écoute pour comprendre les différentes perspectives sur un sujet et ainsi mieux l’appréhender dans toute sa richesse.


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