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Qu’est-ce qu’une télévision communautaire autonome?

Comment les différencier

Actuellement, il existe trois structures différentes de stations de télévision communautaire au Québec. On compte, d'une part, une quarantaine de télévisions communautaires incorporées en organismes sans but lucratif sous la Partie III de la Loi des compagnies. Elles œuvrent, en production télévisée locale et/ou régionale, à diffuser du contenu sur le canal communautaire de leur territoire. Il s’agit des télévisions communautaires autonomes (TCA). Ces TCA adhèrent à des valeurs et à des principes qui les guident et dont elles font la promotion.

Plusieurs d'entre elles existent depuis plus de 40 ans. Ces stations sont dirigées par des citoyens et divers intervenants représentatifs du milieu. 

Un conseil d’administration formé de gens élus par l’assemblée générale des membres de la TCA constitue le noyau de cette prise en charge citoyenne exprimée par les collectivités. Les TCA membres de la Fédération se distinguent des services de programmation communautaires offerts par les câblodistributeurs (TVC) qui, eux, sont exploités par des employés du câble et administrés par l’entreprise. Les télévisions communautaires appartenant à des câblodistributeurs font un travail similaire, dans le sens où elles produisent et mettent en ondes des émissions sur le canal communautaire réservé à la communauté. Il existe, d’autre part, un troisième modèle prenant la forme d’une coopérative de solidarité sans but lucratif qui opère également de manière autonome.  

L'historique des TCA

Au Québec, il existe un joueur médiatique qui offre, à sa façon et à la mesure de ses moyens, de l’information locale et régionale. Il s’agit de la télévision communautaire autonome (TCA). Il en existe une quarantaine implantées un peu partout au Québec, membres de la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec.

L’arrivée de la télévision communautaire coïncide avec le développement de la câblodistribution au Canada. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) souhaitait que les entreprises de câblodistribution réinvestissent des sommes d’argent pour partager les ondes et offrir un service aux abonnés, d’où l’apparition du canal communautaire. C’est donc une obligation sociale et réglementaire du CRTC qui a permis la naissance de la télévision communautaire au début des années 70 : le Conseil exigeait qu’un espace communautaire soit offert dans le service de base du câble.

Au Québec, les transformations sociales de l’époque ont aussi favorisé l’émergence du média communautaire. Des groupes de citoyens ont choisi de mettre sur pied un tel type de média communautaire parce qu’ils croyaient à la liberté d’expression, à la prise de parole citoyenne et à la possibilité de participer aux changements sociaux. La télévision devenait accessible et formatrice pour les militants qui choisissaient de s’y impliquer. Les élus locaux y trouvaient une tribune et les groupes populaires, un outil pour faire connaître leur vision des changements sociaux et les actions à poser pour permettre ces changements. 

Les uns considéraient ce moyen de communication comme un lieu de création; les autres choisissaient d’en faire un lieu de débat et d’expression publique local.

Les corporations de télévisions communautaires autonomes sont donc nées de la volonté des communautés locales et régionales de se doter d'un instrument de communication télévisuel leur appartenant. Les Québécois ont investi dans leur TCA parce qu'ils ont cru et croient toujours que le canal communautaire représente un espace de programmation synonyme d'accueil et de liberté.

Le gouvernement du Québec, par le biais du ministère de la Culture et des Communications, a favorisé l’émergence de stations de télévision communautaire en soutenant financièrement leur fonctionnement de base dès 1973.

La télévision communautaire est le seul espace local et démocratique réservé aux citoyens et citoyennes parmi les centaines de chaînes qui sont maintenant accessibles par le biais de nouveaux moyens de diffusion. Elle devient même nécessaire alors que nous sommes au cœur d'une concentration de l’information. Voilà une télévision qui est plus que jamais d’actualité.

La raison d'être des TCA : Mission et valeurs

Même si elles empruntent des avenues différentes pour accomplir leur mission, les télévisions communautaires autonomes ont toutes le désir d’être utiles socialement et de participer au développement économique, social et culturel de leur milieu. Dans la plupart des cas, les TCA se décrivent comme un outil d’information, d’animation socio-économique et de conscientisation de la population qu’elles desservent. Elles adhèrent aux valeurs de l'action communautaire et de l'économie sociale et accueillent également de nombreux bénévoles qu’elles forment, sensibilisent à la vie démocratique et intègrent à la vie associative.

Il s’agit donc d’un lieu privilégié pour la formation puisque les TCA permettent aux citoyens de leur région d’apprendre des techniques audiovisuelles, d'animation, d’entrevue, de création de décors et participent à des comités de travail.

La véritable mission du canal communautaire est d'être un espace qui consiste à favoriser l’exercice d’une citoyenneté active et critique, centrée sur les gens et les événements qui animent leur milieu de vie. La programmation communautaire originale favorise la communication à deux sens, se veut le reflet des préoccupations des communautés locales et donne l’accès et la parole aux gens ordinaires qui habituellement n’ont pas leur place dans les médias de masse. 

La télévision communautaire se veut un média à la portée de tous, accessible et proche des gens.

Depuis longtemps, les gens ont investi leur télévision communautaire autonome parce qu'ils ont cru et croient toujours que le canal communautaire représente un espace de programmation synonyme d'accueil et de liberté. Le modèle québécois des télévisions communautaires autonomes est une référence en termes de prise en charge citoyenne de l’information et des communications. Les télévisions communautaires autonomes du Québec représentent des institutions qui témoignent de notre solidarité, de notre culture, de notre engagement et de notre histoire. La télévision communautaire autonome est animée par des valeurs de démocratie, d’identité collective, de solidarité, d’engagement, d’équité et de respect de la dignité humaine. Elle affiche une indépendance face aux voix officielles. Les TCA sont, au Québec, les diffuseurs officiels des valeurs citoyennes!

Les TCA : Reflet de leur communauté

Le mandat premier de la télévision communautaire est la réalisation de production télévisée au bénéfice du canal communautaire, d’émissions, de séries, de documents et de capsules qui sont en lien avec la communauté et le milieu qu’elle dessert. De manière complémentaire, la télévision communautaire a aussi la possibilité de produire des messages promotionnels ou publicitaires toujours en lien avec sa communauté et son milieu.

La programmation d’une télévision, indépendamment du temps de diffusion qui lui est imparti, offre un choix varié d’émissions, tant dans leur forme que dans leur contenu, qui reflètent les réalités et les intérêts des différents groupes de sa communauté.

Son territoire d’action est déterminé par un lien géographique précis identifié dans ses statuts (règlements généraux). Sauf exception, il s’apparente souvent au territoire d’une municipalité, d’un ensemble de municipalités ou d’une MRC. Le territoire d’action d’une TCA correspond généralement à son territoire de diffusion, délimité par la zone de desserte déterminée par la licence accordée à l’entreprise de câblodistribution. À celle-ci peuvent s’ajouter, par des ententes de diffusion, d’autres zones de desserte sous licence.

La télévision communautaire autonome encourage la participation du milieu, autant dans sa vie associative que dans la programmation. Elle vise ainsi à s’assurer d’une réelle représentativité des différents membres de la communauté tout en favorisant le partage des compétences entre le plus grand nombre de membres. 

Les TCA font preuve de souplesse et de convivialité afin de s’assurer que l’accès aux ondes est abordable et accessible à tous.

Ce qui fait également la force des télévisions communautaires autonomes du Québec, c’est la possibilité qu’elles ont de pouvoir diffuser de l’information de manière complète sans que celle-ci soit régie par une durée limitée et sans aucune hiérarchisation des sujets. Chaque sujet est donc pertinent et mérite qu’on s’y attarde.

Les TCA : Un mandat de formation

La TCA a aussi un mandat de formation. Par l’accompagnement des individus et l’intégration de ceux-ci à sa production régulière, elle leur permet l’acquisition de connaissances, d’expérience et de compétences dans les activités reliées à la communication et à la production télévisée : recherche, journalisme, animation, entrevue, cadrage, éclairage, prise de son, montage, réalisation, etc.

Cette approche participative, fondée sur une notion d’éducation populaire, ne vise pas que l’apprentissage individuel de compétences professionnelles. Elle propose aux membres de la communauté l’apprentissage de la réflexion critique. La TCA a pour objectif de favoriser la prise de parole, de partager les outils de la communication et de redistribuer le pouvoir de l’information avec le plus grand nombre de personnes. Elle permet ainsi le développement d’une présence de plus en plus grande et de plus en plus inclusive de toutes les couches de la population sur le terrain de la communication.

Par le maintien d’un organe d’information et d’un outil de communication locale, la télévision communautaire autonome contribue au dynamisme et à la vitalité régionale. Elle s’appuie sur une vision endogène du développement, par la mise à contribution optimale des ressources du milieu. Elle préconise une approche d’économie sociale, de développement viable et durable. Elle développe une approche communautaire qui tient compte des situations particulières afin de les inscrire dans une préoccupation collective.

La TCA s’assure de sa légitimité par une bonne représentativité de l'ensemble de ses membres. Elle favorise une implication dynamique des membres au sein de l’organisation.