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L'Éducation aux médias, ça nous regarde !

Résumé

Avenumérique, billet 1. On aborde ici le lien entre littératie numérique et éducation aux médias. Pour compléter leur transformation numérique les TCA ont besoin d'accroître leur degré de littératie numérique. C'est l'objectif du PCNQ (Plan culturel numérique du Québec) et c'est le rôle de votre ADN (Agent de développement culturel numérique) de vous accompagner dans cette démarche. Or, si on y regarde de plus près, parmi les compétences constitutives de la littératie numérique, on en retrouve plusieurs qui devraient déjà être possédées par les membres des équipes des télévisions communautaires autonomes qui ont à cœur de se mettre à jour sur une base régulière en ce qui a trait aux bonnes pratiques en matière de communications journalistiques. L'objet de ce premier billet d'Avenumérique est donc de sensibiliser les directions des TCA au fait que si elles s'organisent pour que leurs employés (et elles-mêmes) bénéficient d'une mise à niveau sur la plan de la littératie médiatique, elles assureront à leur TCA les bases nécessaires pour aspirer à une littératie numérique de première qualité. Et elles seront habilitées à participer, avec le milieu de l'éducation et d'autres acteurs (comme les bibliothèques) à améliorer la culture informationnelle des jeunes, ce qui fait partie des objectifs du programme de formation de l'école québécoise et de l'éducation à la citoyenneté. Ce qui devrait pouvoir se traduire par un soutien financier pour jouer un tel rôle d'accompagnement des étudiants et citoyens de tous âges dans leur démarche pour se former au numérique au sens culturel du terme.

En somme, l’adoption de bonnes pratiques va de paire avec le partage des connaissances qu’on acquiert en se formant pour développer les compétences nécessaires à survivre dans cet environnement. Lorsqu’on a compris cela, on saisit qu’il y a un lien direct entre la réussite de notre transformation numérique et la sélection de l’atteinte d’un degré suffisant de littératie numérique comme objectif nous servant d’orientation générale ou de cap pour traverser cette période de grands chamboulements. Cela peut paraître étonnant, car on ne parle pas d’équipements, ni de mécanique, mais bien d’éducation et de transfert de connaissances. Mais c’est bien l’approche qui nous aidera à évoluer dans le bon sens.

Et c'est tellement vrai, que cela (une mise à jour des compétences des TCA en éducation aux médias) pourrait constituer un des fers de lance de la planification stratégique numérique que la Fédération va mettre sur pied.


Introduction

Et si la littératie numérique nous souriait ?

Le 27 août, la Fédération est venue présenter son mémoire devant la Commission de la culture et de l’éducation à Québec à l’occasion des consultations sur l’Avenir des médias d’information[1]. En page 12, on peut y lire : « Les connaissances des artisans des télévisions communautaires contribueront à aider les autres secteurs culturels (et les entreprises d’économie sociale dont les TCA sont déjà partenaires) à effectuer leur virage numérique, car l’éducation aux médias est la base de la littératie numérique (le web étant un médium). » (Nous soulignons)

Bien que les enjeux abordés lors de ces audiences étaient d’une grande importance, nous n’en aurions pas entendu parler avec tant d’insistance sur toutes les tribunes si n’était pas survenu un évènement dramatique pour le milieu de la presse écrite, dans la semaine qui a précédé. Le Groupe Capitales Médias (CGM) venait juste de demander le soutien de l’État pour éviter de devoir fermer ses six quotidiens régionaux (La Voix de l’Est, Le Quotidien, Le Droit, Le Soleil, Le Nouvelliste et La Tribune). Du 26 au 30 août, des chercheurs spécialistes des médias, les syndicats, les associations de médias communautaires (dont la FTCAQ, votre Fédération, comme on vient de le voir), les grands groupes de presse (dont Québécor et Capitales Médias) et les journaux les plus connus (La Presse+, Le Devoir) ont été entendus. La semaine précédente, le gouvernement avait accordé une aide d’urgence de 5 Millions $ à GCM, après que le Premier Ministre lui-même eût réitéré sa conviction que la diversité de l’information locale était essentielle pour une «démocratie saine». Et, alors qu’on apprenait que l’aide d’urgence octroyée serait épuisée avant la fin de l’année, le gouvernement de la CAQ confirmait qu’il attendrait la remise du rapport des commissaires cet automne pour annoncer les mesures «universelles» de son plan d’aide aux médias.

Le 24 août, soit le lendemain de l’annonce concernant l’aide octroyée à GCM, dans Le Devoir, Catherine Lalonde exposait les points saillants d’une douzaine de mémoires qu’elle a pu consulter avant le début des consultations. Elle souligna alors que « [l]a nécessité de forger une éducation aux médias est l’une des rares solutions à long terme suggérées, et elle est partagée par quelques intervenants[2]. » Comme on l’a vu, la Fédération des TCA fait partie de ces intervenants.

Disponible à partir de la page contenant la suite de ce billet
Consultez le lexique des notions de culture médiatique

Comme les autres médias, les télévisions (TCA) doivent suivre les campagnes des candidats pour que la population puisse se faire une opinion. Il y a (ou il devrait y avoir) une relation d’entraide entre les acteurs politiques et les journalistes. En biologie, lorsqu’on étudie les écosystèmes, on appelle cela le mutualisme. Mais certains politiciens craignent les journalistes et leur font la vie dure, comme l’a rappelé Marie-Ève Martel, dans Extinction de voix[3]. Cette journaliste à La Voix de l’Est (un des quotidiens menacés de disparaître) a présenté son point de vue devant la commission le 26 août. Elle fut la troisième à passer et elle fait partie de ces intervenants qui ont présenté l’éducation aux médias comme une avenue d’avenir pour maintenir l’information vivante :

« [S]avoir consommer l’information est devenu tout un art, mais un art qui s’apprend. Au bout du compte, mieux comprendre le fonctionnement derrière la réalisation d’un reportage, mais aussi savoir s’abreuver à plusieurs sources crédibles pour se faire une idée plus précise d’un enjeu de l’actualité permettent au public de développer un meilleur sens critique et de devenir des citoyens mieux informés[4]. »

Mais quelle est la relation entre l’importance de l’éducation aux médias pour répondre à la crise des médias et le PCNQ (Plan culturel numérique du Québec) ?

D’abord le PCNQ a été mis en place pour que le Québec ne manque pas les opportunités associées à l’évolution numérique de nos sociétés. Mais c’est aussi parce que les adaptations nécessaires ne sont pas si faciles que la mesure 120 a consisté à mettre sur pied un réseau d’Agents de développement culturel numérique consacrés à accompagner les différents milieux artistiques, culturels et médiatiques à s’approprier les codes et les techniques de la culture numérique. Donc c’est une réponse à la crise provoquée par la transformation du contexte économique et médiatique après un quart de siècle de web.

L’autre lien, c’est que cette mesure 120 et de nombreuses autres font partie du dossier Accompagnement et appropriation qui montre bien qu’il y a un travail de formation à entreprendre pour nous mettre à jour, acquérir les connaissances et développer les compétences nécessaires à bien fonctionner dans l’écosystème informationnel actuel.

Examinons ce que le PCNQ met de l’avant comme but : la littératie numérique est la finalité la plus essentielle de l’ensemble des mesures qui y sont proposées. Elle est le but et le moyen. Elle fait partie des bonnes pratiques qui sont les plus importantes parmi les nouvelles pratiques que les acteurs culturels sont invités à explorer et à mettre en œuvre dans la mesure de leurs moyens et pour permettre à la culture québécoise de rayonner. C’est la bonne pratique qui inclut l’intégration des autres bonnes pratiques dans notre manière de fonctionner. 

L’éducation aux médias est le fondement de la littératie numérique, ne l’oublions pas! Les TCA sont bien placées pour faire de l’éducation aux médias. 

PCNQ, bonnes pratiques, littératie numérique : un cercle vertueux…

La raison pour laquelle le réseau des ADN (Agents de Développement culturel Numérique) a été mis sur pieds est que l’on constatait un besoin pour les différents milieux artistiques et culturels du Québec d’être accompagnés dans leurs efforts et leurs démarches pour effectuer leur transformation numérique. Sans doute que le PCNQ n’est pas une solution parfaite au défi que représente le virage numérique des milieux des arts, de la culture et des communications. Mais ce défi fait partie des éléments qui contribuent à la crise des médias. Alors l’aide que peut apporter le PCNQ n’est pas à négliger. Cependant, il nous faut continuer de développer nos compétences dans le domaine de la production d’informations de qualité. Et en nous formant de manière continue de cette façon, on deviendrait déjà mieux placés pour faire de l’éducation aux médias. Cela fait partie de notre mission selon moi. Et nous en faisons déjà jusqu’à un certain point, de l’éducation aux médias. Mais nous pourrions en faire davantage et cela nous rapporterait beaucoup plus que ça nous coûterait, selon moi encore une fois. Cela formerait une sorte de cercle vertueux.

Le PCNQ (Plan culturel numérique du Québec) vise à vous permettre, en tant qu’acteurs culturels, de vous adapter au nouveau contexte numérique. Le Réseau des ADN a été mis sur pieds pour répondre au besoin exprimé par les milieux culturels pour être accompagnés dans leurs efforts pour s’approprier les nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC). Le fait que nous soyons nombreux nous permet d’avoir une vision globale de la situation. Ce qui nous permet d’identifier des pistes prometteuses pour que vous puissiez évoluer de manière à devenir viable. Cependant, le changement doit venir de vous pour qu’il vous rapporte des bénéfices. Je vous invite par ce billet à réfléchir à ce qui pourrait constituer un axe de développement des TCA pour les années à venir, et qui à ce titre trouverait bien sa place au coeur de la planification stratégique numérique que je vais vous aider à construire. De nombreuses formations pourraient aller en ce sens. Car, je vous le répète, mon rôle en tant qu’ADN (Agent de développement numérique) est de vous accompagner dans votre transformation numérique. Pour ce faire, je dois vous inviter à adopter de « bonnes pratiques » qui vous aideront à tirer votre épingle du jeu malgré les défis qu’amène l’évolution rapide de l’environnement médiatique. Et il se trouve que les TCA font partie de ces médias traditionnels dont les contenus sont maintenant disponibles sur le web. Il y a donc une opportunité d’être vu davantage et d’élargir son auditoire.

Dans cette optique, un de mes objectifs est de vous inciter à saisir les opportunités associées à ce nouvel écosystème informationnel. Je vous encouragerai ainsi à vous associer pour proposer des initiatives qui pourront être soutenues par le laboratoire d’innovations culturelles qui sera mis en place, idéalement en lien avec les autres médias communautaires, en vertu de la mesure 103 du PCNQ. Dans mon engagement à vous accompagner, il y a une préoccupation qui demeurera toujours centrale, c’est celle de vous appuyer dans vos efforts pour mieux comprendre comment fonctionne cette nouvelle écologie des médias qui détermine tant d’aspects de nos vies[5]. On le sait, dans un écosystème, les actions de chacun des «habitants» de ce milieu de vie sont interdépendantes. Cela veut dire que les actions des plus petits joueurs ont une influence sur les dynamiques globales qui s’y déploient. Les bonnes pratiques sont celles qui contribuent à votre bonne santé sans nuire à celle de l’écosystème.

Le Réseau ADN mis sur pied par la mesure 120 du PCNQ répond à cette exigence de penser en fonction du tout, car il permet une concertation entre les différents secteurs artistiques, culturels et médiatiques, à travers toutes les régions du Québec. 

L'auteur du billet est membre du Réseau des ADN en tant qu'Agent de développement culturel numérique de la Fédération
Rendez-vous sur le site du Réseau ADN

Pour bien marquer l’importance d’aborder les enjeux dans une perspective globale, le MCCQ met de l’avant deux grands dossiers. Le premier vise à « affirmer la vitalité et le rayonnement culturel du Québec ». Le second cible l’accompagnement et l’appropriation de la culture numérique par l’ensemble des secteurs d’activité québécois reliés à la culture et aux communications. C’est en lien avec celui-ci principalement que le Réseau des ADN a été créé. Mon rôle est donc convergeant avec celui du PCNQ. On peut ainsi dire que, comme lui, l’ADN a pour objectif de « soutenir et d'accompagner le secteur de la culture en ce qui a trait à l'adaptation des compétences au contexte numérique et au partage des nouvelles pratiques[6]

Vous le voyez, l’adoption de bonnes pratiques va de paire avec le partage des connaissances qu’on acquiert en se formant pour développer les compétences nécessaires à survivre dans cet environnement. Lorsqu’on a compris cela, on saisit qu’il y a un lien direct entre la réussite de notre transformation numérique et la sélection de l’atteinte d’un degré suffisant de littératie numérique comme objectif nous servant d’orientation générale ou de cap pour traverser cette période de grands chamboulements. Cela peut paraître étonnant, car on ne parle pas d’équipements, ni de mécanique, mais bien d’éducation et de transfert de connaissances. Mais c’est bien l’approche qui nous aidera à évoluer dans le bon sens.

Ainsi, je peux affirmer que la première condition pour réussir sa transformation numérique, c’est de s’organiser pour améliorer constamment sa littératie numérique. Pour le dire autrement, la première «bonne pratique» c’est de s’engager dans une démarche de formation continue pour comprendre comment fonctionne l’environnement hypermédiatique.

Mais la transformation numérique n’a de sens que si les spectateurs nous suivent dans cette aventure. Et en réalité, l’autre condition de sa réussite est que les spectateurs aussi acquièrent une meilleure littératie numérique[7]. Donc, il y a un travail de formation à ces codes de la culture numérique à faire des deux côtés. Et l’acquisition de ces connaissances et de ces compétences, pour s’orienter dans la masse d’information qui existe en abondance sur le web (mais qui est de qualité inégale et loin d’être toujours fiable), c’est une part importante de ce qu’on appelle la «littératie numérique». À mon avis, les TCA ont intérêt à prendre en charge une partie de la formation à la littératie numérique de leurs membres. Ceux-ci pourront ainsi être mieux outillés pour naviguer sur le web mais aussi à travers les autres sources d’information et ils en seront gré à leur TCA qui leur aura indiqué la voie. D’ailleurs, la littératie numérique inclut des connaissances qui sont moins pointues et qui relèvent davantage du savoir-être que du savoir théorique ou technique. 

En effet la Stratégie numérique du Québec définissait en 2017 la littératie numérique de cette façon :

« Ensemble des connaissances et compétences permettant à une personne d’utiliser, de comprendre, d’évaluer, de s’engager et de créer dans un contexte numérique et, d’une façon plus générale, celles lui permettant de participer à la société[8]. »

Or les TCA sont bien placées pour aider leurs publics à les développer ces compétences plus sociales également. Je propose donc que les TCA s’associent à d’autres intervenants ayant à coeur le partage des connaissances et des informations, comme les enseignants et les bibliothécaires, pour participer à la formation de la population de leur région aux aspects de la littératie numérique qui sont plus directement en lien avec l’éducation aux médias. Ainsi, progressivement, au fur et à mesure qu’elles se seront mises à jour pour ce qui touche les bonnes pratiques sur le web, elles contribueront aussi à la formation des citoyens qui les écoutent aux aspects de la littératie médiatique qui touchent plus spécifiquement les médias numériques.

Roue des compétences constitutives de la littératie numérique d'après le Cadre de référence de la compétence numérique (p. 12)
Cadre de référence de la compétence numérique, MEEQ 2019 ; p. 12. http://www.education.gouv.qc.c...

L’éducation aux médias est le fondement de la littératie numérique

­­La littératie numérique est une expression qui peut sembler être réservée à des spécialistes. Elle désigne pourtant un ensemble de compétences que tout citoyen devrait posséder au 21e siècle. C’est pourquoi le Cadre de référence sur la compétence numérique qui vient d’être publié au mois de mai  (et dont l'image ci-dessus fournit une représentation graphique) prévoit différentes dimensions qui ont un lien direct avec la culture médiatique comme la culture informationnelle, le sens critique, ou les communications. Il y a aussi la collaboration. 

Comme le dit Michel Pichette en conclusion de son ouvrage de 2005, L’éducation aux médias dans l’éducation des adultes au Québec, en parlant d’internet, du web et des systèmes informatiques, « [l]’entrée en scène de ces nouveaux systèmes pose des problématiques reliées à la liberté d’expression, au respect de la vie privée, à l’accès aux informations et au contrôle démocratique de leurs activités. Il s’agit, là aussi, d’une réalité qui concerne l’éducation critique aux médias[9]. »

Puisque le numérique est une culture, s’inscrivant dans une écologie, il est naturel qu’il soit nécessaire d’en étudier les conventions linguistiques pour être en mesure de participer intelligemment aux activités qui se déroulent dans ce milieu qui nous met en relation avec des interlocuteurs de partout dans le monde, avec possibilité de rétroagir instantanément sur différentes plateformes.

Nous allons bientôt voir que la plupart des définitions de la littératie numérique et même de l'éducation aux médias sont données en termes de compétences. Mais l'accent n'est pas toujours mis sur les mêmes aspects et la préoccupation est parfois plus sociale, parfois plus économique, parfois plus politique, parfois plus culturelle. Pour certains, la littératie informationnelle doit être distinguée de la littératie médiatique. Quoi qu'il en soit, pour moi, une chose est sûre, l'éducation aux médias contribue à la culture informationnelle. Mais tant qu'à faire des distinctions, j'aimerais établir la différence entre deux couples de notions importantes pour notre propos :

  • littératie médiatique et l'éducation aux médias: la littératie médiatique est l'objectif poursuivi par l'éducation aux médias. L'éducation aux médias est donc le chemin qui conduit vers la littératie médiatique. 
  • littératie numérique et numératie: la numératie est l'état de la personne qui sait effectuer des opérations mathématiques avec des nombres en rapport avec des situations de la vie quotidienne, alors que la littératie numérique est l'état de la personne qui parvient à s'organiser pour trouver les informations qu'elle recherche dans l'environnement hypermédiatique, constitué des médias en réseaux, impliquant la médiation d'appareils électroniques ayant recours à l'informatique pour remplir des fonctions qui sont susceptibles de nous permettre de réaliser des tâches assez complexes comme éditer des textes intégrant de l'audiovisuel alors que nous sommes en déplacement en transport en commun par exemple. La numératie peut être indispensable pour réaliser certaines de ces tâches malgré le fait que la première fonction des ordinateurs soit d'effectuer des calculs à notre place. Le principe est toujours le même : si nous ne savons pas comment les opérations fonctionnent, il est possible que nous ne parvenions pas à nous en servir de manière optimale. Mais l'enjeu est plus grand avec la littératie numérique justement parce que c'est de la constitution de notre identité dans l'espace social qu'il est question. Les traces que nous laissons ont des incidences sur la façon dont le monde se présentera à nous (et à nos descendants) dans l'avenir. 

La question de savoir si la littératie tout court (le fait de savoir lire et écrire) est nécessaire à la littératie médiatique ne se pose pas à mon avis. On déplore souvent le fait qu'en étant toujours en train de pitonner sur les écrans, les jeunes ne liraient plus. Or les jeunes n'ont jamais autant lu. Cependant, ils sont confrontés à toutes sortes de possibilités qui sont susceptibles de les distraire de ce à quoi ils étaient censés porter attention. Mais la séduction est présente pour toute le monde. L'éducation aux médias numériques serait donc ce qui conduirait à la littératie numérique tout comme la littératie conduirait à la littératie médiatique. C'est vrai en partie, mais la culture numérique ne se réduit pas aux médias numériques. Elle est une culture de la collaboration, de l'ouverture et du partage comme nous le disions (et telle que la présente Annie Chénier, animatrice du réseau ADN, dans un document de Compétence culture). Nous avons besoin d'intégrer ces valeurs et de résister à l'influence d'autres visions du monde qui cherchent à s'imposer grâce à la facilité d'atteindre des personnes vulnérables à travers les médias sociaux. On trouve du meilleur et du pire sur le web. D'où l'importance plus grande que jamais de savoir trier l'information. C'est pourquoi je suis confiant que l'on peut dire que la capacité à bien sélectionner les informations est une compétence qui est centrale dans l'éducation aux médias et qui continue d'être pertinente dans la littératie numérique, même si celle-ci inclut d'autres compétences et peut avoir une portée qui dépasse celle de l'appréciation des informations à leur juste valeur. Mais voyons quels sont les concepts-clés de la littératie médiatique selon HabiloMédias (qui s'appelait avant «Réseau Éducation-Médias»).

Les concepts-clés de l’éducation aux médias :
  1. Les médias sont des constructions
  2. Le public décode ou interprète le sens d’un message
  3. Les médias répondent à des impératifs commerciaux
  4. Les médias ont des implications sociales et politiques
  5. Chaque média possède une forme esthétique distincte[10]

Ces concepts-clés ne sont pas des compétences. Ce sont des idées qui expriment des conclusions auquel une certaine culture médiatique nous a permis d'arriver collectivement. Le fait de les prendre en considération à chaque fois que l'on étudie une publication contribue au développement d'une conscience critique pour les individus en formation. Ce sens critique peut être considéré comme une compétence à la limite. Mais il serait plus juste de dire qu'il s'agit d'une « disposition acquise » à force d'examiner les signes associés à un contexte de communication.  Et cette disposition, si on la cultive convenablement, devient une «vertu» qui s'appuie sur une connaissance historique que nous avons  de la manière dont les médias se sont constitués (à travers la Concentration de la presse*  les organes de communication des conglomérats). Mais cette vertu se manifeste par la capacité à remettre en question les messages que les médias nous livrent et par le soin que l'on met à aller vérifier les informations qu'ils contiennent en les comparant à ce qu'affirment d'autres sources, elle ne signifie pas que l'on rejettera en bloc tout ce qui vient des médias. C'est plutôt un respect pour l'information qu'ils peuvent nous apporter qui pousse la personne qui a un bon esprit critique à ne pas prendre pour acquis qu'ils disent vrai. Car même sans vouloir camoufler la vérité, ils peuvent en omettre des parties. 

Ceci étant dit, la conscience critique ne fait pas le tout de la littératie médiatique. La question est aussi de savoir qu'est-ce qu'on fait de l'information une fois qu'on a pu l'apprécier à sa juste valeur. Cela rejoint ainsi les questionnements éthiques, faisant appel au poids que l'on accorde à la responsabilité personnelle, et qui sont indissociables d'une éducation à la citoyenneté bien comprise.

Voyons maintenant une définition de l'éducation aux médias fondée sur des compétences, soit celle de Pierre Fastrez. Par souci d'intégrer des notions fondamentales dans un cadre conceptuel clair, Fastrez et son équipe de chercheurs ont pensé à définir la littératie médiatique comme étant constituée de douze compétences. Celles-ci sont littéralement le produit du croisement de 4 activités et de trois dimensions (3 x 4 = 12...).

Pour déterminer les 4 types d’activités, Fastrez a distingué deux types d’objets informationnels : les documents et les collections. Et pour chaque type d’objet il a considéré la création et la réception (le volet actif et le volet passif du rapport que nous pouvons avoir à l'objet informationnel en question). Pour un document, la création, c’est l’écriture (même un document audiovisuel est constitué d'écritures). La réception, c’est la lecture (même un document sonore requiert qu'on en fasse une lecture). Pour une collection, la création, c’est l’organisation et la réception, c’est la navigation (2 x 2 = 4 !)... Les dimensions retenues sont la sphère technique, la sphère sociale et la sphère informationnelle. Voici ce à quoi on arrive (sans nommer les compétences, qui sont définies par l'association d'une activité et d'une dimension).

Matrice des compétences constitutives de la littératie médiatique selon Pierre Fastrez et al.
Les catégories de compétences en littératie médiatique, selon la définition matricielle qu'en propose Pierre Fastrez. http://sites.uclouvain.be/rec/...

La définition de la littératie médiatique qui en résulte est dite «matricielle» car il s’agit de mener des analyse en tenant compte de cette matrice constituée par le tableau résultant de l’association d’une colonne formée des activités et d’une ligne formée des dimensions.

Ce qui est intéressant avec la présence de la dimension technique est que l'on peut inclure les médias numériques pour enrichir l'analyse des compétences qui touchent à cette dimension. D'ailleurs, on se doute bien que les autres compétences sont aussi affectées selon qu'on étudie les comportements d'usagers se servant de médias numériques contemporains ou de médias électroniques de première génération. Dans les articles et conférences où Pierre Fastrez présente l'intérêt de définir la littératie médiatique de cette façon (un ensemble de compétences génériques et transversales: qui balaient un ensemble de thématiques et de supports médiatiques), il commence par donner cette définition «extrêmement générale» de la littératie médiatique : «La littératie médiatique peut être comprise comme l’ensemble des compétences caractérisant l’individu capable d’évoluer de façon critique et créative, autonome et socialisée dans l’environnement médiatique contemporain [11].» 

Il est important de saisir que nous sommes ici face à une définition qui est extrêmement proche de la définition de la littératie numérique donnée tout-à-l'heure. Si on fait abstraction de la mention du type de communications, dans la première définition, les deux sont équivalentes. On peut le comprendre puisque les technologies numériques, en tant qu'elles affectent notre vie en tant qu'individus en société, sont utilisées comme des moyens de communications, c'est-à-dire comme des médias. On n'a qu'à penser à notre téléphone cellulaire, qui nous sert à parler à nos amis, à lire des nouvelles, dans les médias ou sur les médias sociaux, à écouter de la musique ou à regarder des vidéos.

Nous disions que la culture informationnelle incluait la littératie médiatique, dans la mesure où les médias participent de la circulation des informations et contribuent à leur existence même. Et il est juste de dire que les médias numériques font aussi en sorte que des informations peuvent être traitées, transformées, traduites ou trahies... Et comme nous l'avons dit, on pourrait concentrer notre attention sur l'effet d'une éducation aux médias numériques. Alors, ne serait-il pas légitime de dire que le résultat de ce processus serait la littératie numérique des personnes qui ont effectué cette démarche ? On pourrait objecter que les médias numériques permettent de faire bien d'autres choses que de recevoir et d'organiser des informations. Ils nous permettent de faire des transactions (réserver un billet de spectacle, commander notre épicerie). Cette objection est légitime en raison de l'arrivée de l'internet des objets et de l'impact que cela a sur le monde dans lequel nous vivons. Mais alors c'est le monde lui-mêne qui est modifié en relation avec les médias numériques. Ce qui ne veut pas dire que les médias numériques ne sont pas des médias. Et c'est encore plus nécessaire d'y être formés en tenant compte des dimensions éthiques s'il est vrai qu'ils sont de tels impacts sociaux et environnementaux. Mais il était vrai que les médias électroniques de première génération, tout comme la musique classique et les livres conventionnels avaient déjà à leur échelle une potentiel de modification du monde.

Évidemment, l’éducation aux médias était pertinente avant l’apparition du web, mais elle n’était pas encore très répandue ni intégrée au cursus de base de la formation obligatoire. Elle était réservée aux étudiants en communications à l’université. Aujourd’hui elle est intégrée aux projet éducatif de l’école québécoise et c’est bien tant mieux. Mais on n’a jamais fini de se former à une bonne utilisation des médias. Et le défi s’est certainement complexifié avec l’existence d’internet, même si celui-ci, en particulier grâce à la mise en place du web, dans le milieu des années 1990, a en même temps rendu plus facile que jamais la démarche d’aller chercher de l’information (sans parler de l’aisance avec laquelle on peut maintenant en publier). Cette dimension « interactive » des hypermédias est une facette de la littératie numérique qu’il faudra apprivoiser en tant que TCA

L'interactivité du web est un concept flou mais il résume bien l'idée que nous nous faisons spontanément de la façon dont il se démarque des médias qui l'ont précédé. Cependant, il y a d'autres spécificités aux médias numériques. Voyons celles qui ont été mises en évidence par HabiloMédias:

Les médias numériques …
  • sont en réseau
  • sont continus, recherchables et partageables
  • ont des auditoires inconnus et imprévus
  • permettent des interactions qui sont vraies même si elles donnent parfois l’impression d’être fausses.
  • sont conditionnés par des plateformes qui influencent nos manières de nous comporter quand nous les utilisons. 

Or ces plateformes sont orientées (dans leur architecture elle-même) par des biais de leurs créateurs (ce qui régit aussi leur fonctionnement)[12]. Cela ne vous rappelle-t-il pas les conclusions (sur l'importance de développer un esprit critique) auxquelles nous conduisaient les concepts-clés de l'éducation aux médias ? 

Bref, la littératie numérique ce serait une évolution de la littératie médiatique incorporant les compétences particulières requises pour éviter les pièges spécifiques au web mais aussi pour profiter des possibilités propres à ce nouveau medium, qui - par plusieurs côtés - ressemble à la télévision, mais qui – par d’autres aspects – nous amène dans une autre dimension (ou du moins s’accompagne de nouvelles dynamiques).

Cela se comprend car les programmes d'éducation qui intègrent la littératie médiatique aujourd'hui vont prendre soin de préparer les jeunes à la société actuelle où les technologies numériques sont nos principaux moyens de nous informer et de communiquer. Comme je le lassais entendre, c'est aussi par ces plateformes que nous faisons société. Elles remplacent en quelque sorte la place publique. Cela requiert que nous prenions un pas de recul pour nous questionner sur les conséquences d'une telle dépendance à ces outils qui ne sont pas contrôlées démocratiquement pour la structure politique de nos nations. Et j'ai aussi invité à considérer l'hypothèse que ce serait possible de parler de changements dans la nature humaine elle-même.

Certes, ce que nous pouvons faire, en tant que télévisions communautaires autonomes (TCA), pour éviter tout cela est limité. On pourrait même croire que, tout au plus, nous pouvons espérer que les individus qui nous écoutent tireront des leçons des approches de la communication que nous leur proposons. Cependant, si nous redonnons sens à l'ancrage local  des pratiques médiatiques, et si nous donnons la chance aux publics de participer à la production de contenus, nous donnons une nouvelle espérance à la population que les interactions authentiques pourront l'emporter sur l'interactivité automatique...

Jonctions entre littératie numérique et littératie médiatique

Si on examine le schéma exposant le cadre conceptuel à partir duquel HabiloMédias définit la littératie numérique*, on retrouve les termes qui «motivent» (qui sont au fondement de) la définition de cette notion complexe que l'on retrouvait dans la Stratégie numérique du Québec en 2017 (et qui se retrouve toujours dans le cadre de référence de la compétence numérique du Plan d'action numérique du MEEQ). Je veux parler ici de celle que nous avons donnée plus haut. Les concepts essentiels qui la fondent sont les suivants: (1) utiliser, (2) comprendre et (3) créer...

Figure illustrant Les fondements de la littératie numérique publié par HabiloMédias
Cette figure se retrouve dans le document Les fondements de la littératie numérique publié par HabiloMédias: http://habilomedias.ca/littératie-numérique-et-éducation-aux-médias/informations-générales/principes-fondamentaux-de-la-littératie-numérique-et-de-léducation-aux-médias/les-fondements-de-la-littératie-numérique. Elle est basée sur des modèles du rapport effectué par le groupe de travail Digital Britain Media Literacy (mars 2009) https://www.macfound.org/media...

Selon le schéma qui en présente l'organisation logique du pointe de vue de la constitution de la littératie numérique, sur le site d'HabiloMédias, ils suivent une progression verticale, de bas en haut, à partir de conditions de possibilités :  l'occasion, l'accès (incluant l'existence des installations nécessaires) et la fameuse «compétence», qui permettent à la vertu (la disposition qu'on cultive pour développer une conscience critique en tant que citoyen à l'ère du numérique) de se manifester. Ces concepts (et ces conditions), on peut les mettre en relation dynamique (c'est ce que ce schéma tente de faire) avec les objectifs visés par ce processus d'éducation (aux médias numériques) censé conduire à la littératie numérique. Autrement dit, dans le même ordre, mais horizontalement (de gauche à droite) on voit se déployer les bénéfices découlant d'une telle sensibilisation aux enjeux associés à la généralisation de l'usage de ces médias, qui forment une part importante du contexte numérique :

  1. Innovation en TIC (et avec les TIC) [utiliser] {occasion}
  2. Action sociale constructive [comprendre] {avoir accès}
  3. Pensée critique et création [créer] {compétence}

Répétons qu'à la base de tout ça, les conditions de possibilité, c’est d’avoir accès aux nouvelles formes d'expression et de collaboration que nous apportent ces moyens de communication hypermédiatique. À ce propos, et pour faire écho à ce que j'ai écrit un peu plus tôt, l'interactivité n'est pas la même chose que nos interactions. L'«interactivité» est l'effet souvent superficiel d'une pré-programmation. Ce ne sont que des actions en bonne partie automatisées (certes il y entre de plus en plus de personnalisation, mais cela demeure le résultat de calculs effectués par des algorithmes). Les «interactions» c'est nous qui les avons... avec d'autres. Ce sont des relations. On peut être mis en relation avec un agent dit intelligent. Mais cette relation ne sera pas de même nature qu'une relation avec un agent doté de conscience. Ce qui ne veut pas dire qu'elle sera sans effets. D'où l'importance de choisir avec qui (ou avec quoi) on interagit. Mais d'une manière ou d'une autre, interagir n'est possible qu'à condition que des occasions nous donnent l'opportunité d'une telle participation en tant que membres du public. Une des caractéristiques des médias numériques est qu'ils sont presque systématiquement accompagnés d'enregistrement. De sorte que des interactions peuvent avoir lieu en différé. Mais cela exige une certaine disponibilité, pour poursuivre la conversation à deux ou en groupe, plus tard... Une autre «chose» qui demande du temps est que ces compétences soient développées tant dans le public que dans les équipes qui produisent les informations pour que les médias soient utilisés au mieux et remplissent pleinement leur fonction (qui dépasse le simple fait d’informer car ils fondent le lien social jusqu’à un certain point, rappelons-le). Bref, il y a là tout un chantier ! Le but de ce billet est en bonne partie d'encourager à amorcer ce dialogue pour les récepteurs et les créateurs de contenu se parlent et déterminent ensemble des orientations pour que l'environnement informationnel évolue de manière saine et vivante.

Récapitulons : on pourrait parler de « compétence médiatique » pour désigner la capacité à se servir adéquatement des médias qui sont disponibles dans l’environnement informationnel. Celui-ci étant transformé par l'apparition de nouvelles technologies, les composantes de cette compétence sont appelées à évoluer aussi. Une des dimensions de l'éducation aux médias qui traverse l'épreuve du temps, c'est celle qui consiste à mettre en oeuvre nos capacités d'analyse pour arriver à évaluer correctement l'information que l'on trouvera dans le cadre d'une recherche de réponse à une question. En réalité pour «être bon» dans l'art d'acquérir de nouvelles connaissances sur un sujet, il faut une diversité de compétences : 

  • savoir trouver l’information; 
  • savoir l’analyser; 
  • pouvoir sélectionner les éléments pertinents et évaluer leur validité; 
  • être en mesure de les mettre en relation avec d’autres pour en tirer des connaissances nouvelles.

Selon une définition restreinte de la culture informationnelle, toutes ces compétences mises ensemble formeraient la littératie médiatique. Or, bien que ce ne soient pas les seules, ce sont clairement des composantes essentielles de la littératie numérique. Car, lorsqu’on cherche des informations sur le web, on tombe sur différentes sources dont certaines sont des médias traditionnels auxquels le web fait écho, et d’autres des médias exclusivement numériques. Dans les deux cas, il importe de savoir comment discerner ceux qui peuvent nous apporter des informations fiables. Cela ne se fait pas exactement de la même manière dans les deux cas, mais il y a certainement des stratégies pour apprécier la crédibilité d’une source qui sont transposables du contexte des médias conventionnels vers celui des médias numériques !


Les points de jonction entre littératie numérique et littératie médiatique, réunis en une seule sphère pour montrer qu'ils ne sont pas de nature différente
Schéma illustrant les points de jonction entre littératie numérique et éducation aux médias selon Habilo Medias

Ces considérations sur le processus font aussi partie de l’éducation aux médias. Mais ne perdons pas de vue qu’elle inclut également des analyses politiques et économiques et des réflexions éthiques comme lorsqu’on encourage les jeunes à prendre conscience des conséquences de l’intimidation en ligne, de l’importance de protéger nos données personnelles, et d’identifier des façons de de ne pas se laisser tromper par les fausses nouvelles*.

Vous l’aurez compris, je suis persuadé que les télévisions communautaires autonomes ont quelque chose de positif à apporter pour enrichir l’éducation aux médias de la population québécoise et que cela serait une belle opportunité à saisir pour elles afin d’augmenter leur cote d’amour auprès de la population. Mais aussi, cela pourrait leur apporter une reconnaissance qui leur procurera de nouvelles sources de financement. Et ce, sans trahir leur mission d’éducation populaire, au contraire!
Je développerai les arguments qui me permettent d’arriver à cette conclusion dans la deuxième partie de cet premier billet d'Avenumérique. En voici le début:

Les TCA peuvent contribuer à la littératie médiatique de la population

Reprenons le point principal de mon argumentation : c’est que nous sommes bien placés en tant que médias d’information, et en particulier comme télévisions communautaires, pour contribuer à l’éducation aux médias de la population. Le fait que nous soyons des médias d’information nous habilite – au même titre que les autres médias (privés ou publics, radiophoniques ou écrits) – à instruire la population sur l’art de construire des nouvelles. Et, tel que je l’exprimais, plusieurs TCA le font déjà. Or ces émission faites par des citoyens (accompagnés par les professionnels de la télévision) assurent à celles et ceux qui auront vécu ces expérience une initiation significative à l’univers des médias.

Pour poursuivre la lecture de ce premier billet d'Avenumérique, le blogue de votre ADN, rendez-vous sur cette autre page :

« L'éducation aux médias, ça nous regarde ! (suite et fin) »

* Les mots et expressions en italiques suivis d'un astérisque renvoient au lexique préparé par votre ADN..


Merci de votre attention et bonne rentrée ! 

Je serai heureux de recevoir vos commentaires : fmarcoux [at] fedetvc.qc.ca

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Crédits photo : Pixabay


NOTES

[1] Pour entendre la présentation de la Fédération par Amélie Hinse (directrice) et Sylvain Racine (président), rendez-vous ici : http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/travaux-commissions/AudioVideo-81557.html Pour lire le mémoire de la FTCAQ : https://fedetvc.qc.ca/document...

[2] Catherine Lalonde, « À la rescousse de la presse », Le Devoir, 24 août 2019 https://www.ledevoir.com/cultu...

[3] Marie-Ève Martel, Extinction de voix. Plaidoyer pour la sauvegarde de l’information régionale, Somme Toute, 2018, https://www.leslibraires.ca/livres/extinction-de-voix-marie-eve-martel-9782897940409.html

[4] Mémoire présenté par Marie-Ève Martel à la Commission de la culture et de l’éducation dans le cadre du Mandat d’initiative sur l’avenir des médias d’information, p. 17 (cliquez sur date pour faire apparaître les mémoires en ordre chronologique) http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/CCE/mandats/Mandat-40735/memoires-deposes.html

[5] Je parle d’écologie des médias car nous pouvons affirmer que les bouleversements constatés renvoient à la nouvelle réalité qui est que tous les intervenants sont inter-reliés. Il s’agit donc bel et bien, et plus que jamais, d’un écosystème.

[6] Présentation du grand dossier «accompagnement et appropriation» sur le site du PCNQ : http://culturenumerique.mcc.gouv.qc.ca/pole-accompagnement-et-appropriation/

[7] Par exemple, il est important que les spectateurs soient sensibilisés à l’importance de formuler leurs requêtes (les mots composant leur recherche) d’une certaine façon: en tenant compte des normes et des vocabulaires spécifiques qui leur permettront de retrouver précisément ce qu’ils recherchent. Ils doivent aussi apprendre à faire la différence entre les contenus commandités (qui sont poussés au haut des résultats par les moteurs de recherche en raison d’un montant payé), et ceux qui sont référencés «naturellement» en raison de leur pertinence.

[8] Cette définition de la littératie numérique se retrouve dans le glossaire du Cadre de référence de la compétence numérique produit par le Ministère de l'Éducation et de l'Enseignement Supérieur du Québec (MEES) en soutien au Plan d'action numérique (PAN) en éducation et en enseignement supérieur 2018-2023: http://www.education.gouv.qc.ca/dossiers-thematiques/plan-daction-numerique/cadre-de-reference/. La même définition est utilisée dans le glossaire du PAN lui-même (Annexe 4). Elle avait été élaborée en se basant sur les travaux de Habilo Médias sur les Fondements de la littératie numérique, dans le contexte de la préparation de la Stratégie numérique du Québec. Celle-ci est maintenant divisée en deux branches : la Stratégie de transformation numérique gouvernementale 2019-2023 et le Plan d'action en économie numérique du Québec.

[9] Michel Pichette, L’Éducation aux médias dans l’éducation des adultes au Québec, 2005, Monographie, Comité sur les nouvelles technologies, Institut de Coopération pour l’Éducation des Adultes (ICEA), 2005. [Autorisation accordée par l'auteur le 2 mai 2006 de diffuser ce texte dans Les Classiques des sciences sociales. http://classiques.uqac.ca/contemporains/pichette_michel/education_medias_ed_adultes_qc/education_medias_ed_adultes_qc.html

[10] Cf. HabiloMédias, Les fondements de la littératie numérique : https://habilomedias.ca/littératie-numérique-et-éducation-aux-médias/informations-générales/principes-fondamentaux-de-la-littératie-numérique-et-de-léducation-aux-médias/les-fondements-de-la-littératie-médiatique

[11] Pierre Fastrez, « Translittératie et compétences médiatiques », cité dans Gildas Dimier, «Appréhender la lecture numérique», Cactus acide, 14 sept. 2015 http://www.culturedel.info/cac... Pour voir l'article de Fastrez(PDF) directemwent : http://culturedel.info/grcdi/w... Conférence inaugurale de P. Frastrz, donnée sur le même sujet : http://www.ecriture-technologi...

[12] Voir Les fondements de la littératie numérique sur le site de Habilo Médias : https://habilomedias.ca/littér...